mercredi 14 novembre 2007

Once, jolie guimauve


Expédié en trois lignes dans Libé et réduit à son pitch, Once ne mérite peut-être pas des éloges invraisemblables mais un peu de respect – le film s’ouvre quand même sur un musicien de rue qui interprète à pleins poumons du Van Morrison. Centré sur la rencontre à Dublin entre ce mec et une jeune tchèque qui vend des fleurs, Once est un gentil film musical qui se distingue surtout par son aspect naturel. Les scènes tournées en public dans les rues de Dublin l’ont été sans autorisation, si bien que les deux acteurs principaux évoluent non pas parmi des figurants mais parmi de vrais passants. Le manque de moyens, au lieu d’être un frein, amène de l’air : le spectateur n’a pas devant lui un long-métrage professionnel sans vie, plutôt une histoire qui naît (presque) en direct.

Aussi, les acteurs principaux sont des débutants complets mais des musiciens accomplis. Glen Hansard, leader du groupe The Frames, composait les chansons de la BO quand le réalisateur John Carney a eu la bonne idée de lui proposer le rôle. « Intialement, je pensais choisir un acteur qui savait à moitié chanter. Rapidement, j’ai compris que je ferais l’inverse : prendre un bon chanteur qui savait à peine jouer la comédie ». Résultat : Hansard n’a aucun tic d’acteur comme Marketa Irglova, jeune pianiste tchèque qui n’était jamais passée devant la caméra. La scène du magasin de musique, les deux entamant devant nous leur première chanson en commun, s’avère criante de vérité. Comme la scène de soirée, filmée chez Glen Hansard avec ses potes, sa mère, etc.
Ces gens ont vécu une belle histoire qui ne s’est pas achevée au moment du tournage. Invités au festival de Sundance l'année dernière, ils ont compris au fil des jours (et au fur et à mesure que les réactions enthousiastes leur parvenaient) qu’il valait mieux retarder leur vol du retour parce qu’ils allaient avoir un prix. Et puis Glen et Marketa qui ont aussi un projet musical (The Swell Season, pas génial) sont vraiment tombés amoureux, malgré ou à cause de leur différence d’âge.
Once n’est pas très rock’n’roll et si vous ne supportez pas les ballades folk crève-cœur un peu guimauve, vous allez avoir envie de gerber. Il faut cependant reconnaître que Hansard a une sacrée voix, Irglova aussi (il suffit de voir plus bas leur prestation dans la neige). Moi, même si je joue au dur, j’ai un cœur tendre donc ces bluettes me touchent les cordes sensibles. J’ai honte, c’est comme ça. Ici, un extrait de leur showcase au Réservoir (Paris), showcase qu'ils avaient conclu par une reprise de “Cactus” des Pixies !

2 commentaires:

Sophie a dit…

Faut pas avoir honte, je veux le voir aussi. Je reviendrai dire ce que j'en ai pensé. Mais il est vrai que le film est plutôt présenté comme qq chose de 'love chanté'.

Oslav Boum a dit…

Non, j'ai pas trop honte non plus. j'ai rencontré les deux acteurs-chanteurs, très sympathiques.