lundi 25 juin 2007

Harry Dickson, Harry Dickson







L’autre jour, j’ai cru halluciner dans une librairie : il y avait un présentoir avec des rééditions d’Harry Dickson. Ceux de Jean Ray.

[Si comme Sfar (qui s'en est un peu inspiré pour le professeur Bell), Nicollet, Jean-Pierre Mocky (qui a adapté un roman de Ray avec Bourvil) et plein d'autres, vous êtes déjà adeptes, passez votre chemin].


Je passe ma vie avec Harry Dickson (et Jean Ray). Littéralement : quand ma mère était enceinte (de moi) elle dévorait ses aventures. Présenté comme le « Sherlock Holmes américain », Dickson met la pâtée au héros de Conan Doyle. Pourtant, à l’origine, il n’en est que le décalque, la solution imaginée par des éditeurs peu imaginatifs pour ne pas avoir d’ennuis avec les ayant-droit de Conan Doyle à cause de leurs pirates.
Dans les années 30, des fascicules bon marchés, publiés en allemand, en néerlandais et enfin traduits en français, content les exploits de ce détective implacable qui fume (mais pas d’opium comme Sherlock) et castagne beaucoup, secondé par le jeune Tom Wills.
Le Belge Jean Ray, chargé de traduire et d’adapter les histoires d’Harry Dickson trouvent qu’elles sont trop pauvres et décide de les réécrire en gardant comme point de départ l’illustration de couverture. De 1931 à 1938 (ou 1929 à 1940, personne n'est sûr), il écrira une centaine d’épisodes. La légende, étayée par les souvenirs de Ray, prétend qu’il avait besoin d’une nuit pour en boucler un.

Dans les enquêtes d’Harry Dickson, il y a des êtres falots qui cachent des destins effroyables, des maisons qui abritent des souterrains ou des murs coulissants, des êtres maléfiques dont on ne voit que les yeux, des morts de peur, des jeux d’identité, des rebondissements, des créatures venues d’îles méconnues, des adorateurs… Conçue comme de la littérature de gare et un peu considérée comme alimentaire par Ray, la série des Harry Dickson a conservé pas mal de ses charmes mystérieux et de son suspense. Les éditions du Cri rééditent cette année une sélection de 20 enquêtes, reproduisant en fac similé les illustrations des fascicules originaux. Heureuse initiative même si pas complètement nette (certains volumes, ceux qui reprennent une seule histoire, portent la mention mensongère « roman » ) et un peu chère (6,50 le livre de poche). Ça permettra cependant à certains de choper le virus transmis par ce maître du fantastique qu’était Jean Ray, mort en 1964, écrivain à la vie fascinante, faite de mythes et de vérités.




Les dix volumes sortis par Librio pendant les années 90 sont encore trouvables et plus avantageux. Sur priceminister, ebay et autres, on trouve les mythiques éditions Marabout ou Néo. Faut pas me lancer sur le sujet, je suis inarrêtable.

Un article signé Hervé Louinet sur la genèse
http://www.imaginaire.ca/DHD-DicksonStory.htm

Un site très complet sur Raymond de Kremer alias Jean Ray, John Flanders.
http://www.noosfere.com/heberg/jeanray/






Il y a aussi des adaptations en bande dessinée, j'avoue n'y avoir jamais posé les yeux, le dessin me rebutant un peu.

9 commentaires:

Li-An a dit…

Ah ben moi j'ai dû lire une histoire ou deux et ça m'agaçait ces histoires qui commençaient dan un genre et ne se résolvait jamais de manière satisfaisante (il y avait des mystères absolument pas résolus ou de manière très artificielle). Enfin, je raconte tout ça mais ça date d'il y a au moins 20 ans cette lecture.
Par contre, je reste un grand fan de Sherlock et pour ta comparaison assassine tu es banni de mon blog pour au moins 10 minutes.
À propos de Sfar et ce genre d'histoire, le rapprochement est intéressant parce que si il y a bien une chose qui m'a fait décrocher de Sfar c'est sa facilité à créer des personnages intrigants, de décrire des relations intéressantes mais d'être incapable de monter un récit rigolo à lire ou passionnant. Cette promesse d'aventures jamais tenue m'a lassé. Au moins, avec Dickson, ça part dans tous les sens.

Oslav Boum a dit…

je dois être honnête : j'aime beaucoup Sherlock Holmes. Mais je préfère Dickson, un peu plus trash, plus sale.
ça m'étonne que tu aies gardé ce souvenir de non-résolution. Avec Dickson, les masques tombent, les coupables sont punis. Même s'il reste parfois une part d'incertitude fantastique. Franchement, je trouve ses enquêtes jouissives, comme des bulles de mystère.
Pour finir avec Sfar, j'avoue que je suis plutôt un lecteur facile. ça m'intéresse justement de savoir quels albums t'ont rebuté.

Li-An a dit…

Aucun ne m'a rebuté. C'est juste qu'après deux trois albums (Petit Vampire et la guerre, le chien qui parle avec Blain...) j'ai dit "stop". Je ne voyais pas l'intérêt de claquer mon argent alors que j'avais l'impression que rien de nouveau n'allait en sortir (on remarquera que j'ai arrêté juste avant la sortie du Chat du Rabin. Pas fait exprès). C'était juste un coup de pompe.

Oslav Boum a dit…

Moi, par rapport à Sfar, j'arrive à grand mal à contenir mon appétit. Mais j'essaye de me soigner, je ne claque pas tout mon blé non plus dans les éditions luxe ou noir et blanc (genre le dernier Chat du Rabbin avec les crayonnés, cher et pas très beau).

Li-An a dit…

C'est la première fois que je rencontre un vrai fan de Sfar. Ça fait bizarre (comme rencontrer un fan de Johnny en fait).

Oslav Boum a dit…

Là, tu fais très fort. "Comme rencontrer un fan de Johnny en fait", ah ah ah.
Ouais, je vais même te dire un truc, j'ai acheté un ukulélé et j'essaye de jouer de la musique klezmer, comme mon idole. Et j'ai un ami fan de Trondheim qui se fait appeler Carl Bergen... On planche sur une série qui s'appelle Zonzon...

Non, les seuls dessinateurs dont je suis fan, c'est Chaland, Ever Meulen et Swarte.

Li-An a dit…

Mais dis donc tu as des goûts de vieux, ami Oslav ?? Moi, j'ai voulu offrir un ukulele fabriqué de manière artisanale à Tahiti à Lewis et je me suis abstenu vu sa grimace. Ces gens sont quand mm très bourgeois je trouve...

Glorb a dit…

Moi je n'ai lu d'Harry Dickson que les Bds quand j'était petit, j'aimais bien, y avait pas mal d'action, plus que dans Blake et Mortimer.

J'étais petit.

Par contre j'ai lu Sherlock Holmes mais c'est pas le sujet.

et Sfar, oui, mais pas tout.

Oslav Boum a dit…

J'ai jamais pu lire les BD d'Harry Dickson parce que justement je trouvais le dessin (de Zanon ?) trop rigide, trop sous-Jacobsien.
Quant à parler de Sherlock, si si, il faut, il y a "battle" entre les deux.