
Après C’était le bonheur et le troublant La Volupté, on pouvait se demander comment Blutch allait boucler ce qui a pris la forme d’une trilogie – sans qu’on sache quelle a été la part de préméditation ou d’improvisation. Surprise : La Beauté est un recueil de dessins et non d’histoires. « Vous ne trouverez entre les pages ni intrigue ni dénouement, mais plutôt l’impression diffuse que nous donnent les albums de famille que l’on feuillette des fois, discrètement, en visite chez des gens », prévient l’auteur. C’est, en fait, comme si les lunettes à rayon X permettaient vraiment de voir sous les vêtements ou comme si notre regard traversait les murs pour s’introduire dans l'intimité...
On retrouve intacte la sensualité étrange de La Volupté, entre exhibitionnisme, s-m torride et poésie décalée. Les saynettes figées de Blutch mettent toujours en avant l’inattendu et les yeux sont captés par un détail. Et puis il y a ce trait pressé et urgent, comme si Blutch entamait chaque dessin en ayant peur que ça soit le dernier.
Ce livre d'images, dont le sens appartient autant à Blutch qu'à nous ses lecteurs donne à la beauté une définition bien personnelle, pas très loin de Libido de Gus Bofa (mais c'est l'influence de Balthus, déjà cité dans La Volupté qui reste présente). Un livre qu’il faut avoir, donc, pas pour combler les failles d’une éventuelle bibliothèque idéale mais simplement pour les plaisirs de voyeur qu’il propose.
Si je ne me retenais pas, je mettrais tous ces dessins sur mon blog…
Si je ne me retenais pas, je mettrais tous ces dessins sur mon blog…

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire