
Avec sur sa couverture une citation d'écrivain reconnu (Bret Easton Ellis : "Intime, effrayant, magnifique !") et des jolies lèvres et une cigarette qui se consume, sur son dos une autre appréciation censée nous appâter (Georges Pelecanos : "un noir parfait"), Dope fait méchamment de l'oeil aux amateurs de romans noirs et polars. Heureusement, malgré la pluie de compliments, ce premier livre de l'Américaine Sara Gran à être traduit par chez nous ne se dégonfle pas comme une baudruche. Pas non plus un méga-choc ni le retour de la foi comme lorsque, aidé par les noms de Philippe Garnier et Frank Reichert pour la traduction, on avait été beaucoup à sauter de joie en lisant Arizona Kiss de Ray Ring (il y a quoi, quinze ans ?). Mais c'en est pas loin. Ecriture solide, personnages campés et pas carton pâte (Joséphine, ex tox devenue détective) et intrigue joliment vicieuse se conjugent habilement pour que, selon la formule consacrée et absurde, "on ne lâche pas le livre". Apparemment, les droits du livre ont été achetés et une adaptation au ciné en cours. Dope coûte quinze euros et sort aux éditions Sonatine.