Si son scénario est franchement léger (avec fin bigophonée), Dog et moi, premier album de Thierry Plus mérite cependant le coup d'oeil. M.Plus (qu'on a du mal à prendre pour un débutant vu son aisance dans les cadrages et les couleurs) sait en effet mettre en scène les grands espaces et les road movies, camper une atmosphère entre Paris Texas et 37,2 le matin. L'histoire (de l'argent, des mercenaires... et je vais m'arrêter là) ne constitue finalement qu'un prétexte au voyage. Pas très loin de Loustal, un livre dépaysant et prometteur. Mention finale à la couverture.
Images ci-dessus sont copyright Gallimard/Bayou-Thierry Plus.
Ne pas se fier au dessin plaisant à l’œil de Lucas Varela : L’Héritage du colonel est un livre corrosif qui retourne le bide. Le scénariste Carlo Trillo (collaborateur d’Altuna, Breccia) met en scène dans son Argentine natale Elvio, petit fonctionnaire sans envergure et fils de militaire. Précision : lorsque la junte sémait la panique dans le pays, non seulement le papa torturait joyeusement mais il ramenait du « travail » à la maison… Ajoutez à cet ingrédient déjà explosif une attirance perverse pour les poupées et vous obtenez un album puissant qui, sans l’annoncer, nous emmène loin dans l’horreur.
Si vous aimez l'humour nonsensique et wittgensteinien d'Udner (udner.blogspot.com) vous serez contents de savoir qu'il vous offre (enfin, dans la limite de ses stocks et puis il faut qu'il retrouve son dernier carton et il vient de déménager, tu parles d'un bazar son appart') une compilation de ces Absurderies. Oui, une sélection imprimée sur du papier de ses gags les plus fameux.
Faut juste lui envoyer un mail à cette adresse : udner555(at)yahoo.fr
Evénement fin novembre avec la sortie du Pinocchio drôle et cruel de Winshluss, commencé en 2001, interrompu le temps de réaliser avec Marjane Satrapi Persepolis. On en reparlera au moment m mais vous pouvez en télécharger un extrait sur le site des Requins Marteaux. J'ai eu la chance de le lire et c'est de l'humour noir grand art .
Jusqu'au premier mars, la Cité de la Musique célèbre Gainsbourg et l'on ne peut que s'en réjouir. L'exposition en elle-même (re)pose une question délicate : comment faire entrer dans un musée un artiste dont la principale activité a été de composer des chansons et de chanter ? Le commissaire de la chose, Frédéric Sanchez, à la carrière de designer sonore, a opté pour une installation audiovisuelle complexe et troublante. Une vingtaine de piliers, ordonnancés de manière thématique, propose ainsi une foultitude d'images, animées ou non, montrant Gainsbourg ou ses collaborateurs mais aussi les artistes extérieurs à sa "galaxie" qui ont pu l'influencer (peintres, cinéastes, Warhol, etc.) Mettre un pied dans cette salle où règne la pénombre constitue une drôle d'expérience : Gainsbourg est partout, où que l'on regarde. Les documents d'époque se télescopent et l'on pourrait se perdre des heures dans cette jungle enivrante (effet saisissant : une image animée au milieu d'immobiles). Sauf qu'en vérité l'espace relativement exigu (qui contient aussi des objets du culte prêtés par la famille tel la statue de l'Homme à tête de chou, des manuscrits, etc. ) et le brouhaha créé par tous les moniteurs allumés empêche qu'on se penche (littéralement) sur ce qu'il y a à portée des yeux. Concrètement, à moins de rester attentifs devant un écran (comme, avec Li-An, on l'a fait pour voir Marie Mathématique de Forest), on a finalement l'impression de passer à côté de ce qui est montré pour rester en surface. Impression frustrante qui fait donc regretter un peu d'espace supplémentaire pour que cette exposition prenne plus de dimensions. Il serait néanmoins malhonnête de dire que cette manifestation est ratée. A noter la projection d'un film de témoignages de 2001 et une salle recouverte de pochettes. (l'image ci-dessus a été prise par les gens du site goodkarma
En écoutant la réédition commune des deux derniers Dawn Landes, une trop discrète chanteuse, j'ai relevé la tête. Cette chanson, je la connaissais. Forcément, "Young Folks" tube indie pop des deux dernières années avec sa mélodie sifflée.
Les Kooks qui adorent faire des reprises ne se sont pas privés non plus.
Et même Kanye West (qui lui aime le cross over) a craqué. Là, il triche, il la reprend avec ceux qui ont écrit la chanson, Peter, Bjorn and John.
Voilà donc une chanson toute récente qui est devenue un classique. Je vous fais grâce de la version de l'endive Blunt mais en voici d'autres, fragiles, pas toujours justes mais qui prouvent l'effervescence créée par cette chanson.
Avec ukulélé
Avec la peur de réveiller les voisins parce qu'il est 1h30
Je suis journaliste. Après avoir été trois ans chef de rubrique musique à Rolling Stone, j'écris actuellement sur la musique (pour les magazines KR Homestudio, Spray, Amusement, les hors série des Inrocks).
J'ai écrit un livre avec/sur Christophe Miossec, En Quarantaine aux éditions Flammarion et suis directeur d'ouvrage de ROCK STRIPS avec plein d'auteurs fabuleux (voir www.rockstrips.com) Dernier livre paru : "Rock Strips Come Back" aux éditons Flammarion.