vendredi 28 septembre 2007

Deux mangas coup de poing


Death Note
La semaine prochaine, sort le 6e volume de Death Note, manga qui cartonne en France depuis janvier. On ne sait rien de la scénariste Tsugumi Ohba (même si elle existe vraiment). Seule certitude : elle possède une imagination morbide et sadique. Car ses personnages sont des ados cruels qui se jouent du monde des adultes. Je ne peux pas déflorer les rouages de la série, je parlerai donc simplement de Light, 17 ans, qui trouve le fameux Death Note. Il suffit juste d’indiquer dans ce foutu cahier le nom de quelqu’un pour que ladite personne meure. A partir de cette idée fascinante et bancale, Ohba et le dessinateur Takeshi Obata ont bâti une série assez irrésistible pour adultes et adolescents. On aurait pu croire que l’intérêt s’émousserait mais, en bons feuilletonistes, ils parviennent à réinjecter des doses de suspense, d’adrénaline et de cruauté… La publication de ce manga devrait tenir en haleine jusqu’à la fin 2008. Qui devrait voir la sortie du film L, tourné par le réalisateur de Ring, Tanaka et consacré à l’enquêteur L, le rival de Light (deux films sont déjà sortis au Japon).

Ushijima


Autre manga assez fort, pour public averti comme la couverture l’annonce, Ushijima. Il est rare qu’un héros soit aussi détestable. Ushijima vit en effet sa vie en exploitant la misère des autres en leur accordant des prêts au taux d’intérêt scandaleux. Usurier sans foi ni loi, il provoque la descente aux enfers de ses clients obligés pour certains de se prostituer. L’auteur Sôhei Manabe n’épargne rien à ses lecteurs et son trait sec souligne bien ces déchéances, les corps bouleversés par les drogues. Les scènes de sexe ne sont pas là pour exciter le chaland et le malaise est quasi-permanent. Relégué à être un voyeur, le lecteur est dégoûté et un peu fasciné par le nihilisme d’Ushijima. Le pire, c’est que, après ce premier tome, l’empathie envers ce personnage risque de commencer…

jeudi 27 septembre 2007

Jukebox : Devendra Banhart


Devendra Banhart est une vraie belle tête à claques. Je me souviens l’avoir attendu pendant une heure alors qu’il participait à la balance, avant un concert à la Guinguette Pirate, avant d’arrêter mon interview au bout de six minutes tant ses réponses absurdes et censément drôles me saoulaient. S’il aime jouer ce rôle du néo hippie bobo et connaud, il ne plaisante pas avec la musique. Enfin, si, un peu. Sur Smokey Rolls Down Thunder Canyon, on l’entend singer un crooner des années 60, un chanteur polynésien, Caetano Veloso, un choeur gospel ou des rockers glam. Devendra est un faiseur qui parvient à le faire oublier. L’écoute de ce nouvel album d’un exotisme rare est contre toute attente un ravissement. Les ballades ensoleillées préparent le terrain aux morceaux plus rock et à ce funk tubesque qu’est “Lover”. Il y a même du dub !
Ci-dessous, vous trouverez le clip de “Sea Horse”, huit minutes assez mouvementées. Avec un vrai groupe derrière lui, Banhart se lâche et nous oblige à saluer ses talents de chanteur et de compositeur (ou de faiseur).
Il participe également à la compilation Guilt By Association où la scène indie américaine reprend ses « plaisirs honteux ». Lui a opté pour “Don’t Look Back In Anger” d’Oasis qu’il dissèque et maquille comme une voiture volée. Le clip est plus bas.

Devendra Banhart:

Devendra Banhart - Don't Look Back In Anger (Overall Winner)

Udner mon ami

Le copinage sert souvent d’arme fatale à des nuisibles qui s’accrochent les uns aux épaules des autres pour remonter à la surface. Il ne s’agit pas ici de ça. Si je me permets de croiser la ligne blanche de la déontologie, c’est pour la bonne cause, parce que ça s’impose. Suite à un enchaînement de circonstances, j’ai fini la nuit à regarder les films de mon ami Udner, certains que je ne connaissais pas, découvrant des petites perles de nonsense qu'il n'avait pas eu la pudeur d'exhiber.
Depuis trois ans, Udner développe sur son blog (listé plus bas) un humour absurde et décalé où le décalage n’est pas un artifice, un ressort comique, mais une vraie philosophie. Entre Wittgenstein et Gary Larson, parfaitement. Ainsi, ses vignettes voient la légende faire voler en éclat l’image, un graphisme volontairement commun, et les certitudes.
Ses petits films sont encore meilleurs. Comme acteurs, il emploie des objets du quotidien, des jouets, qui, grâce à lui deviennent doués de vie. Tel un entomologiste narquois, il les observe régler leurs dilemmes (à droite ou à gauche ? - ce genre). Parfois, il donne aussi de la personne (voir sur sa page d’accueil).
Fan d’Eddy Mitchell, Paco De Lucia (c’est un bon guitariste quand l’envie lui prend), Clap Your Hands Say Yeah ou Das Efx, il sait utiliser la musique comme un élément à part entière. Il a d’ailleurs des projets de clips, je suis impatient de savoir quand ils seront lâchés dans la nature. Si j’avais un groupe, je le contacterais rapidement pour une vidéo, parce que, pour l’instant, il ne prend pas encore cher.
Plus bas, voici un film de présentation qui résume assez bien ses 3 premières années d’activité. Le meilleur est encore dans sa tête, le saligaud.

Présentation

Un condensé de l'humour made in Udner.