Il y a quoi, un an et demi je me trouvais face à lui, pas très loin d'où il habitait à Ann Arbor (Michigan). Quand je lui ai parlé de toutes les histoires dingues qu'on trouvait dans Please Kill Me au sujet des Stooges , il me disait : "hé encore, c’est seulement le top de l’iceberg". Puis il ajoutait : "J’ai l'espoir de raconter à mon tour nos histoires. Je sais que beaucoup d’autres groupes ont des choses à raconter niveau drogues etc. Mais sur les Stooges, il existe des histoires tellement étranges. Moi, je suis un gars assez conservateur, je n’ai jamais eu de problème avec la loi, je n’ai jamais fait de choses outrageantes. Mais être dans les Stooges et près d'Iggy, c'était déjà défier la loi. Iggy était pratiquement prêt pour n’importe quoi, avec un appétit pour les drogues, les femmes, la nourriture…Tout ce qu’il faisait, c’était à fond, jusqu’à l'extrême. Un truc qui m’a toujours énervé : j’ai toujours été le gars qui se prenait les coups à la place d’Iggy, parce que les agresseurs ne pouvaient pas l’atteindre !" Voilà, Ron Asheton le guitariste au jeu incroyablement primal et hypnotique, est mort à 60 ans chez lui. C'en est fini des Stooges? Malheureux, ils sont éternels.
Un des premiers livres de 2009 à surveiller est Ma Vie mal dessinée qui a permis à Gipi d'acquérir une vraie notoriété dans son pays l'Italie. Cette autobiographie corrosive et marquée par la spontanéité tranche avec la relative complaisance dont beaucoup d'auteurs font preuve. Rien de tout ça ici : Gipi se fout littéralement à poil (ennuis de santé, rendez-vous chez le toubib) sonde son âme en n'ayant pas peur de faire remonter à la surface des monstres (le maniaque sexuel qui a essayé de violer sa soeur). Tout ça livré avec un humour des plus noirs et une lucidité sur soi-même qui rappelle Spiegelman. Ci-dessous une page couleur (mais la majeure partie est en noir et blanc).
On peut en voir des extraits sur son blog en français et celui en italien. Egalement sur le site de Futuropolis qui le sort en France. Autrement, j'ai réalisé une interview de Gipi pour le numéro de Casemate qui va sortir incessamment.
La première version était déjà terrible avec son texte hilarant, le remix avec Pos' de De La Soul pas mal. Voici le remix du premier clip si l'on peut dire. A part ça, Playback est en retard, souvent aux abonnés absents et n'a même pas entamé de Méli Mélo... ça va faire partie des résolutions de 2009.
Une bande annonce pour une bande dessinée qui sort en mars ? Hé oui. Comme j'ai eu la chance de voir quelques pages supplémentaires, j'ai bien l'impression que l'attente ne sera pas du tout vaine. On peut en voir un peu plus sur le site des Kerascoët.
Avec sa liste d'invités longue, le premier album de N.A.S.A. (North America South America) a tout pour attirer l'oeil. Avant de savoir (sortie en février) si c'est une pièce montée digeste ou un empilage (burp) de featurings, voici le premier clip avec seulement David Byrne, Seu Jorge et Chuck D.
On peut écouter un autre morceau avec Tom Waits et Kool Keith sur leur myspace : http://www.myspace.com/northamericasouthamerica
"Une prestation délicieusement déroutante gâchée par un public exécrable". C'est ainsi que celui qui a posté cet extrait du concert de samedi soir (aux Transmusicales de Rennes, 30e du nom, donc) présente la performance des Residents. Groupe légendaire connu pour ses concepts décapants et iconoclastes, ces relectures de répertoires de la musique populaire, sa musique synthético-zarbi, son identité visuelle dingue...
Au risque de passer pour un exécrable ignorant, il faut bien avouer que la performance du groupe (un vieux barde déguisé en lapin déclamant son histoire de frère disparu et ses apparitions à Patmos, l'île grecque où l'Apocalypse aurait été écrite, sur fond d'un infâme rock synthétique pseudo-expérimental) avait de quoi énerver le plus patient des spectateurs. Surtout quand on se rend compte que les vidéos projetées pendant le concert sur un écran riquiqui sont toutes visibles sur youtube... Voici ainsi le premier épisode de leur projet The Bunny Boy, projeté intégralement samedi soir.
Heureusement, juste après il y avait l'Anglaise Ebony Bones, ses morceaux bordéliques, son énergie à réveiller les morts (d'ennui).
Je suis journaliste. Après avoir été trois ans chef de rubrique musique à Rolling Stone, j'écris actuellement sur la musique (pour les magazines KR Homestudio, Spray, Amusement, les hors série des Inrocks).
J'ai écrit un livre avec/sur Christophe Miossec, En Quarantaine aux éditions Flammarion et suis directeur d'ouvrage de ROCK STRIPS avec plein d'auteurs fabuleux (voir www.rockstrips.com) Dernier livre paru : "Rock Strips Come Back" aux éditons Flammarion.