lundi 12 novembre 2007

De Villiers



Je n’ai pas l’habitude de faire la voiture balai (même dans les soirées). Avec six mois de retard, je viens pourtant de lire Ma Mère était une très belle femme de la dessinatrice sud-africaine Karlien de Villiers paru aux éditions "ça et là". J’en avais entendu parler chez Appollo (qui lui-même peut-être…) Depuis que Trondheim, David B et Satrapi ont donné avec talent dans le genre autobiographique, on a pu être saoulé par toute la cohorte d’ouvrages auto-complaisants, égocentriques ou larmoyants qui ont suivi. Entre ceux qui n’ont rien à raconter et d’autres qui le font mal, il y avait de quoi dégoûter a priori de toute tentative dans ce sens. Ce qui n’empêche pas de saluer, à l’inverse, un livre comme Ma Mère était une très belle femme qui échappe à la mollesse du tout-venant autobiographique par sa dureté. L’auteur nous plonge dans l’histoire de sa famille avec beaucoup de rigueur et de recul, montrant comment un couple peut se disloquer et nuire à ses enfants sans s’en rendre compte. Et puis il y a l’épaisseur du contexte, l’apartheid reflété par les yeux d’un enfant blanc afrikaner. Ça ne constitue pas du tout le sujet principal (qui reste l’histoire familiale) mais ça donne une force supplémentaire au récit, surtout à nos yeux d’européens. Voir ici et là des extraits d'un de ses carnets.

vendredi 9 novembre 2007

Jukebox : The Wombats

Parfois, on a besoin de ça : un single, un refrain, un gimmick, un refrain, des roulements de batterie, des paroles astucieuses. "Let's Dance To Joy Division" ne passera peut-être pas l'hiver (peut-être que si), pour l'instant il faut profiter de cette petite boule d'énergie d'indie rock sans prétention qui arrive après la bataille. Never mind. Quant à l'album, bien qu'il soit moins fulgurant, il est aussi décomplexé. Ici et du son.

The Wombats - Let's Dance to Joy Division

jeudi 8 novembre 2007

Sébastien Tellier


On peut écouter ici un extrait du prochain album de Sébastien Tellier, “Sexual Sportswear”. Un long trip instrumental synthétique qui a l’avantage de ne donner AUCUN indice sur la direction qu’il va prendre sur son prochain album, d’ailleurs produit par Guy-Man, moitié de Daft Punk. A part son contenu sexuel (l'album devrait s'appeler Sexuality).

Ce qu’il y a bien chez Tellier c’est, au-delà de la qualité intrinsèque de sa musique, qu’il ne rentre dans aucun moule. Après son irruption en hirsute disciple de Robert Wyatt avec L’Incroyable vérité (enregistré sans batterie) il avait choisi la contradiction avec le bariolé et pop Politics, enregistré avec Tony Allen et Quentin Dupieux (un disque contenant un gemme : “La Ritournelle”, sans doute un des morceaux fulgurances des années 00). Après, il figura dans le Non Film de Dupieux, revisita son répertoire avec un pianiste (Sessions), retrouva Dupieux pour le film Steak dont il avait co-composé la BO...
Quelles surprises nous réserve il ? On ne peut rien déduire de ce “Sexual Sportswear”. Une dernière chose : le remix de Sebastian, dans le style hâché/fracturé est assez irrésistible.

Deux vidéos pour finir, d'abord un extrait d'un étonnant spectacle donné avec l'artiste Xavier Veilhan, ça commence par une ritournelle bien connue pour partir en expérimentation scénique... Puis la vidéo de "Broadway" (et son duo avec Christophe sur "La Dolce Vita" qu'il avait repris seul sur Sessions).
***********DERNIERE MINUTE****************************************************
C'est dingue, on me dit* que Sexuality sent l'amour synthétique, l'electro pop old-school, que Sébastien y joue au crooner, renouvelle le duo Christophe/Jarre des années 70 (avec lui c'est Guy-Man de Daft Punk), qu'un morceau s'appelle "Divine" et sonne très Beach Boys, qu'on y entend des halètements et des mélodies, des gimmicks et des beats, que le single reflète finalement peu l'album. Sortie mi-février.
* Faut pas être curieux comme ça.

Super 1 | Sebastien Tellier meets Xavier Veilhan

Sebastien Tellier - Broadway

mercredi 7 novembre 2007

2 albums de 2008


Hé oui, on se projette déjà. Vu que 2007, pas encore finie (certes) n’a pas été sur beaucoup de plans une année fabuleuse, on commence à y penser. A la suite. Déjà, le 21 janvier marquera le retour de la Cat (de moins en moins) sauvage avec son deuxième album de reprises. Affirmation approximative : il contiendra deux auto-reprises (“Metal Heart”, “Song To Bobby”) si bien que le skeud ne s’appellera pas The Covers Record 2 mais Jukebox. Au menu, des covers de Dylan et de James Brown mais pas les morceaux les plus connus : “Lost Someone”, single de Mr Dynamite de 1961 (avec sur l’original ce guitariste que j’aime beaucoup, Les Buie) en version fluette et “I Believe In You” de Dylan. Et aussi d’entrée le “(Theme From) ‘New York, New York’”, du Hank Williams ou du Billie Holiday (“Don’t Explain”). Le clou de cet album, enregistré avec The Dirty Delta Blues (Judas Bauer etc.), sera selon moi le catchy “Aretha, Sing One For Me” dont on peut écouter ici l’original (grâce à Garrincha de la Blogothèque). Celles et ceux qui n’ont pas été sensibles au virage poli de The Greatest devraient rester de marbre, les autres (j’en fais partie) cèderont devant la voix, cette soul gentiment old-school, les ballades crève-cœur comme on dit.
Pour patienter (et je ne suis pas le seul, hein, mr Dumez ?) on peut écouter ici une autre cover de Dylan, “Stuck Inside Of The Mobile With The Memphis Blues Again” contribution à la BO de I’m Not There, le faux biopic de Todd Haynes. Car, oui, Dylan fait partie des obsessions de Chan Marshall. Quand je l’avais rencontrée pour The Greatest lors d’une agréable interview, il y a deux moments où elle avait été vraiment très passionnée : quand elle m’a décrit presque amoureusement son petit-déjeuner et lorsqu’on a parlé de Dylan qui jouait le soir même à Paris.

Citation : «Je l’ai vu huit fois depuis que j’ai quinze ans. Pour rire, j’ai demandé s’il pouvait me faire jouer dans des petits endroits près des salles où Dylan donne des concerts, dans des petits théâtres, sur le trottoir d’en face, n’importe où, pourvu que je puisse le suivre. Oui, j’ai aimé chacun de ses shows. Ce que je préfère dans le film de Scorcese (No Direction Home), ce sont les interviews récentes de Dylan. Je ne sais pas qui était avec lui mais c’est quelqu’un avec qui il se sent bien. Dylan ressemble à un gars normal, on le voit juste comme il est, il parle tranquillement »
Ps : on peut raisonnablement exprimer des doutes sur cette pochette...