

Je n’ai pas l’habitude de faire la voiture balai (même dans les soirées). Avec six mois de retard, je viens pourtant de lire Ma Mère était une très belle femme de la dessinatrice sud-africaine Karlien de Villiers paru aux éditions "ça et là". J’en avais entendu parler chez Appollo (qui lui-même peut-être…) Depuis que Trondheim, David B et Satrapi ont donné avec talent dans le genre autobiographique, on a pu être saoulé par toute la cohorte d’ouvrages auto-complaisants, égocentriques ou larmoyants qui ont suivi. Entre ceux qui n’ont rien à raconter et d’autres qui le font mal, il y avait de quoi dégoûter a priori de toute tentative dans ce sens. Ce qui n’empêche pas de saluer, à l’inverse, un livre comme Ma Mère était une très belle femme qui échappe à la mollesse du tout-venant autobiographique par sa dureté. L’auteur nous plonge dans l’histoire de sa famille avec beaucoup de rigueur et de recul, montrant comment un couple peut se disloquer et nuire à ses enfants sans s’en rendre compte. Et puis il y a l’épaisseur du contexte, l’apartheid reflété par les yeux d’un enfant blanc afrikaner. Ça ne constitue pas du tout le sujet principal (qui reste l’histoire familiale) mais ça donne une force supplémentaire au récit, surtout à nos yeux d’européens. Voir ici et là des extraits d'un de ses carnets.

