vendredi 7 septembre 2007

Tender Forever - Magic of the Crashing Stars

Le grand animateur



Le dédale fantasy fantasque de Donjon poursuit sa progression. Après un épisode dessiné par Larcenet, rigolo comme les autres, la série de Sfar et Trondheim accueille maintenant Stanislas pour un épisode à part pour plusieurs raisons. Dans cette histoire qui se déroule bien bien avant toutes celles déjà parues (« - 400 » sur l’échelle temporelle), celles et ceux qui parviennent à suivre la chronologie volontairement complexe de Donjon découvriront de nouveaux éléments de ce puzzle joyeusement éclaté. Plus à l’aise à priori dans des univers franco-belges classiques (voir la réédition des Aventures d’Hergé, une bio de Simenon des mêmes Bocquet-Fromental-Stanislas serait en préparation) le dessin ligne claire très statique et désincarné de Stanislas se plie bien à cette fable remplie d’automates (qu’on peut lire indépendamment de toute façon). Donjon continue d'être une espèce de laboratoire graphique. Je sais que certains ont décroché avec le temps, pourtant l'aventure continue de valoir le coup.


Prochain Donjon prévu en novembre, le 6e Donjon Zénith (dessiné comme le précédent par Boulet). Le flot ne se tarit pas, c'est aussi ce qui est génial.

Jukebox de rentrée : Meshell Ndegeocello

Précédé par un mini très nerveux, l’album de la chanteuse américaine Meshell Ndegeocello valide en partie le virage rock. En partie seulement parce que les titres les plus remuants (les meilleurs) “The Sloganeer” et “Article 3” se trouvaient déjà sur ledit mini-album.
The World Has Made The Man Of My Dreams n’en propose pas moins une musique spirituelle et pleine de reliefs, entre soul africaine (la chanteuse Oumou Sangaré donne de sa sublime voix sur une chanson), jazz et black rock (vous vous souvenez de la Black Rock Coalition ?).
Petit extrait de “The Sloganeer”, capté live à Detroit jusqu’au moment où la personne s’est fait blackboulée….

meshell ndegeocello - THE SLOGANEER

Le son est pas terrible, la chanson coupée mais ça donne un aperçu.

jeudi 6 septembre 2007

Earl & Mooch




Je l’avoue tout de suite : je ne connaissais pas du tout cette série, créée en 1994 sous le nom original de Mutts et publiée sous forme de strips quotidiens. Un chat et un chien qui sont copains, leurs maîtres, d’autres animaux…D’apparence, ça ronronne comme le petit déjeuner d’un dimanche matin. Mais le coup de patte de Patrick Mc Donnell réveille le lecteur, prêtant des habitudes d’humains à Earl et Mooch, des traits d’animaux à leur maître. Il arrive à faire vivre ses personnages, nous immerger dans leurs systèmes de pensée au point qu’on finit par les comprendre et rire avec eux (plutôt que d’eux). Et il y a de vraies fulgurances dignes des meilleurs cartoonists. Mc Donnell est apparemment un spécialiste de Krazy Kat et, la vacherie en moins, il y a effectivement un air de famille. Les fans de Calvin & Hobbes devaient s’y retrouver aussi. Du bonheur...
Les Humanos rééditent l’ensemble de la série dans des volumes chronologiques en noir et blanc qui coûtent dix euros. Deux sont déjà parus.
Sur le site officiel de Mutts, on peut lire les strips récents et c’est toujours drôle 13 ans après les débuts, bravo monsieur.

http://muttscomics.com/art/dailyarchive.asp

mercredi 5 septembre 2007

La rentrée

Oui, avant d'évoquer le cas de Devandra Banhart, le retour de Robert Wyatt, les jeunes pousses de 1990's, Patrick Watson ou le retour de Springsteen (qui donne dans le pompier, c'est horrible si on se fie au premier single), un petit plaisir à partager : la prestation d'Amy Winehouse lors de la cérémonie du Mercury Prize (c'était hier). Le Mercury Prize c'est l'équivalent anglais des Victoires de la Musique sauf que là-bas ils écoutent de la bonne musique.
Le trio electro-pop amateur de montagnes russes Klaxons a gagné, ce qui est justice. Amy, elle, a perdu, elle est sortie de désintox' (ou elle s'est évadée) et elle chante, seulement accompagnée d'une guitare acoustique. Si certains la considèrent (les cons) comme une poupée bien formatée, voici une énième preuve qu'ils se trompent. Une vraie chanteuse de soul, capricieuse, insupportable mais à la voix terrible, pleine de grain et d'émotions contradictoires.

Amy Winehouse performs at the Mercury Awards